Le VIH ne circule plus uniquement au sein des populations les plus exposées à Madagascar. Selon les résultats de l’enquête nationale de séroprévalence 2024-2025 présentés par le ministère de la Santé publique, 1,1 % des femmes enceintes sont porteuses du virus. Pour les autorités sanitaires, ce niveau de prévalence chez cette catégorie de la population constitue un indicateur montrant que l’épidémie est désormais généralisée dans le pays.
Présentés lors d’un atelier de plaidoyer destiné aux parlementaires, organisé les 28 et 29 juillet à Antananarivo, ces résultats marquent une évolution de la situation épidémiologique. Sur les quelque 90 000 personnes vivant avec le VIH estimées à Madagascar, les femmes enceintes représentent un groupe particulièrement surveillé, car elles sont considérées comme représentatives de la population générale.
“Les femmes enceintes constituent un indicateur représentatif de la population générale. Leur taux de prévalence de 1,1 % montre que le virus circule désormais au-delà des seules populations les plus exposées”, explique la cheffe du Programme national de lutte contre les IST, le VIH et le Sida (PNLS), le Dr Norosoa Ratokoherimora. Selon elle, le renforcement de la prévention, du dépistage et de la prise en charge des femmes enceintes est essentiel afin de protéger à la fois les mères et leurs enfants et de limiter la transmission du virus de la mère à l’enfant.
L’enquête confirme toutefois que l’épidémie demeure particulièrement concentrée au sein des populations clés. Les taux de prévalence varient entre 13 % et 23 % chez les professionnel(le)s du sexe, les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes et les usagers de drogues injectables. Les personnes détenues, les jeunes vulnérables et les enfants figurent également parmi les groupes concernés.
Face à cette évolution, le ministère de la Santé publique prévoit d’adapter sa stratégie. “Des stratégies plus efficaces sont désormais nécessaires, car l’épidémie peut être considérée comme généralisée. Les interventions ne peuvent plus se limiter aux populations clés”, indique le directeur général de la médecine préventive, le Dr Andrianina Désiré Rakotoarimino. Cette riposte est menée avec l’appui des partenaires techniques et financiers, notamment le Fonds mondial. Le soutien du gouvernement américain se poursuit également à travers d’autres mécanismes malgré le retrait de l’USAID.
Le président de la Commission de la santé publique et de la planification familiale à l’Assemblée nationale, le Dr Lova Herizo Rajaobelina, appelle, de son côté, à des réformes législatives pour renforcer la lutte contre le VIH/sida et améliorer les droits en matière de santé sexuelle et reproductive. Il souligne que toutes les personnes vivant avec le VIH ne bénéficient pas encore d’une prise en charge.
Les responsables sanitaires rappellent enfin que le dépistage du VIH et le traitement antirétroviral sont gratuits dans les centres spécialisés et les hôpitaux, un dispositif que les autorités entendent renforcer pour freiner la progression de l’épidémie.















