Antananarivo, 28 Octobre, 7h25 – Des reports qui ne sont pas sans impact. La Banque mondiale estime à plus de 100 millions de dollars le coût de chaque retard annuel dans les grands projets hydroélectriques. Il s’agit d’une estimation avancée par cette institution de Bretton Woods dans le Rapport sur le climat et le développement de Madagascar qu’elle a récemment publié.
Sa dépendance à l’égard des carburants importés a fait que la Jirama continue d’enregistrer des déficits opérationnels. Avec ses prêts et ses dettes financières, le déficit s’élevait à près de 355 millions de dollars au bilan de la compagnie nationale d’eau et d’électricité, indique le rapport de la Banque mondiale. Et pour cause, les prix du fuel lourd et du gasoil avaient augmenté respectivement de 29% et de 48% en 2022 par rapport à 2021, soit une hausse des coûts de 75 millions de dollars. Dans le même temps, l’ariary s’est également dévalué de 27% par rapport au dollar américain et de 30% par rapport à l’euro depuis 2018.
Les autorités malgaches semblent déjà être conscientes des risques budgétaires et macroéconomiques du report du bouclage financier et par conséquent de la phase de construction et de la production des projets hydroélectriques qui sont déjà arrivés à maturité. Le ministère de l’Economie et des finances (MEF) expose par exemple le cas des deux projets hydroélectriques Sahofika et Volobe dans le Document budgétaire annexé à la loi des Finances initiales (LFI) 2024.
Dans ce Document budgétaire, le MEF soutient que le report de ces deux projets retardera l’adoption des mesures de redressement et de réformes du secteur de l’électricité ainsi que l’amélioration de la situation de la Jirama. Ce département a également déjà mis en avant les risques macroéconomiques qui pourraient être générés par le report de la phase de construction de ces projets hydroélectriques. Le MEF estime que celui-ci entraînera un impact limité des dépenses d’investissement et ses composantes sur la croissance du PIB et dans l’amélioration et la stabilité du niveau du taux de change.
La Banque mondiale recommande alors à ce que les projets hydroélectriques tels que Volobe (121 MW), Sahofika (192 MW), Antetezambato (142 MW), et Mahavola (300 MW) soient développés dès que possible, dont notamment dans un délai de 15 ans. Ces grands projets seront concentrés principalement sur les trois réseaux interconnectés du pays, et représentent ensemble environ 80% de la consommation nationale.
Pour la Banque mondiale, la substitution de l’énergie fossile par l’énergie renouvelable devrait avoir des avantages financiers immédiats pour la Jirama, ses consommateurs et les contribuables du pays en réduisant le besoin d’importations coûteuses de combustibles fossiles. Elle devrait également avoir des effets bénéfiques à long terme sur l’environnement et la santé, souligne cette institution financière.
Signés en novembre 2021 et en mai 2023, les contrats de concession respectifs de Sahofika et de Volobe prennent du temps à se concrétiser en raison des négociations sur le prix du kilowattheure, mais aussi des coûts des constructions et de la participation de l’Etat dans les capitaux.
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