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18 octobre 2026
AGRICULTURE – La Tranoben’ny Tantsaha réclame davantage de techniciens agricoles au plus près des producteurs pour les accompagner
Les agriculteurs à mieux accompagner. La Tranoben’ny Tantsaha plaide pour un renforcement de l’encadrement technique des agriculteurs à Madagascar, à travers une présence accrue de techniciens agricoles sur le terrain et au sein des communautés rurales. Pour Angéline Lydia Razafimbololona, présidente de la Chambre d’agriculture de Madagascar, la diffusion des résultats de la recherche et l’adoption de techniques de production adaptées restent des défis majeurs pour améliorer les rendements agricoles.
“Les producteurs ont besoin de techniciens sur le terrain pour les convaincre et les conseiller”, souligne-t-elle durant la Table ronde organisée vendredi à Mahamasina à l’occasion de la Journée mondiale de l’alimentation. Elle estime que les agriculteurs ne disposent pas toujours des connaissances nécessaires pour identifier les pratiques les mieux adaptées à leurs cultures et à leurs conditions de production. “Nous ne savons pas toujours ce qui est adapté ou non, alors nous faisons nous-mêmes les techniciens”, déplore-t-elle.
Pour la représentante de la Tranoben’ny Tantsaha, les résultats de la recherche agricole doivent pouvoir bénéficier aux producteurs dans toutes les régions du pays, et pas uniquement à un nombre limité de bénéficiaires dans les zones où le Centre national de recherche appliquée au développement rural (Fofifa) réalise ses travaux. “Les Malgaches sont répartis dans tout Madagascar, pas dans une seule commune”, rappelle-t-elle, plaidant pour un dispositif de vulgarisation agricole capable d’atteindre l’ensemble des communautés rurales.
Elle souligne également que la mise à disposition de semences améliorées ne suffit pas si les agriculteurs ne bénéficient pas d’un accompagnement pour les utiliser correctement. “Ce n’est pas seulement une question de financement, mais de soutien à toute la filière. Les techniques de production doivent nécessairement en faire partie”, insiste-t-elle.
La question de l’encadrement technique se pose notamment pour la riziculture. Alors que le rendement moyen du riz à Madagascar est estimé à 2,5 tonnes à l’hectare, les recherches menées par le Centre national de recherche appliquée au développement rural (FOFIFA) font état de rendements pouvant atteindre 6 à 7 tonnes à l’hectare avec certaines variétés et des techniques culturales appropriées.
“Parfois, nous pensons à tort que les semences suffisent pour augmenter la production. Or, il y a les semences, mais aussi les techniques culturales que les agriculteurs doivent appliquer”, explique Célestin Randrianarivony, chercheur au Fofifa. Et à l’entendre, les recherches menées par le Fofifa ne se limitent pas aux semences mais s’étendent aux techniques.
Un autre chercheur du Fofifa assure par ailleurs que les recherches se font au plus près des agriculteurs pour que ceux-ci puissent se familiariser avec les techniques découvertes. “Nous réalisons les essais dans les rizières et dans les champs pour pouvoir montrer aux agriculteurs les résultats obtenus avec les méthodes utilisées”, précise-t-il. Sauf que “ce n’est pas au Fofifa de vulgariser dans tout Madagascar les techniques des recherches mais à ceux qui ont la mission de le faire”, insiste la présidente du Tranoben’ny Tantsaha.

