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04 novembre 2026
ÉLECTIONS – Donald Trump refuse d’endosser la responsabilité de la déroute républicaine aux Etats-unis
Donald Trump dit accepter le verdict des urnes, mais refuse d’y voir un désaveu personnel. Au lendemain du raz-de-marée démocrate aux élections de mi-mandat, qui a fait basculer les deux chambres du Congrès américain, le président des États-Unis salue la victoire de ses adversaires tout en écartant toute responsabilité dans la défaite de son camp. Ces élections ont également été marquées par plusieurs premières historiques pour des représentants de minorités, qui accèdent à des fonctions politiques de premier plan.
“Je suis tout à fait disposé à accepter ces résultats. Nous travaillerons avec les démocrates”, déclare Donald Trump au New York Times, mardi. Dans un entretien avec Fox News, le président américain félicite également à plusieurs reprises ses adversaires, estimant qu’ils s’étaient “bien battus” et qu’ils avaient “fait du bon boulot”. Il rappelle toutefois qu’il conservait un droit de veto sur les textes adoptés par le Congrès désormais contrôlé par les démocrates.
Le locataire de la Maison Blanche refuse néanmoins de considérer ce résultat comme une défaite personnelle. “Je ne considère pas que c’était dirigé contre moi”, affirme-t-il sur Fox News, ajoutant qu’il n’aimait pas voir ce scrutin comme une défaite pour lui. Sur Truth Social, il soutient même que les républicains auraient largement gagné s’il avait lui-même figuré sur les bulletins de vote.
Cette position intervient alors que les démocrates ont remporté une victoire particulièrement nette, en reprenant le contrôle des deux chambres du Congrès. Leur progression a notamment touché des bastions traditionnellement conservateurs, comme le Texas et le Kansas. Les projections du New York Times plaçaient leur majorité à la Chambre des représentants à 77 sièges, tandis que leur représentation au Sénat pourrait passer de 47 à environ 55 élus sur 100.
Donald Trump reconnaît que la guerre contre l’Iran, particulièrement impopulaire, avait contribué “en partie” aux résultats électoraux. Il estime cependant que les Américains comprenaient l’importance de sa décision d’engager ce conflit. Le mécontentement lié au coût de la vie et les accusations de corruption ont également pesé dans le désaveu du camp républicain.
Cette nouvelle majorité démocrate ouvre une période d’incertitude pour le président américain, qui pourrait notamment faire face à plusieurs enquêtes de la Chambre des représentants. La perte du contrôle du Sénat réduit également sa marge de manœuvre dans les nominations, notamment en cas de vacance à la Cour suprême. Il conserve toutefois d’importantes prérogatives en matière diplomatique et militaire.
Des premières historiques pour plusieurs minorités
Outre le basculement politique, ces élections sont marquées par des victoires symboliques pour plusieurs communautés historiquement sous-représentées dans les hautes fonctions politiques américaines.
En Géorgie, Keisha Lance Bottoms est élue gouverneure et devient la première femme noire à accéder à cette fonction aux États-Unis. Ancienne maire d’Atlanta entre 2018 et 2022, elle se présente comme descendante d’une famille d’esclaves d’une plantation de cet État du Sud, marqué par l’histoire de l’esclavage, de la ségrégation et du mouvement pour les droits civiques.
Dans le Nouveau-Mexique, Deb Haaland devient la première femme amérindienne élue gouverneure. Membre de la tribu Laguna Pueblo, elle avait déjà marqué l’histoire politique américaine sous la présidence de Joe Biden en devenant la première Amérindienne à diriger un département ministériel, celui chargé des terres fédérales.
Une autre victoire symbolique pour les populations autochtones est enregistrée dans le Minnesota. Peggy Flanagan, jusque-là vice-gouverneure de l’État, devient la première Amérindienne à entrer au Sénat américain.
La communauté LGBTQ+ est également représentée par une première historique. Élu dans le New Hampshire, Chris Pappas devient le premier sénateur ouvertement homosexuel. Âgé de 46 ans, cet élu, qui siégeait à la Chambre des représentants depuis 2019, avait notamment soutenu l’Equality Act, un projet de loi démocrate visant à renforcer les protections fédérales contre les discriminations fondées sur l’orientation sexuelle ou l’identité de genre.
À la Chambre des représentants, Hakeem Jeffries pourrait également inscrire son nom dans l’histoire politique du pays. Le chef des démocrates à la chambre basse est pressenti pour accéder à sa présidence, ce qui ferait de lui le premier Afro-Américain à occuper cette fonction.
Ces percées politiques illustrent, selon Bill Shiebler, directeur de la stratégie de l’association citoyenne State Voices, “un rejet massif de la haine et de la division”. Ces nouveaux responsables sont issus de communautés qui, souligne-t-il auprès de l’AFP, “s’organisent entre deux élections”.
Les démocrates remportent également plusieurs scrutins dans des États acquis à Donald Trump lors de la présidentielle de 2024. Au Texas, James Talarico devient le premier sénateur démocrate élu depuis 1992. En Caroline du Sud, Annie Andrews a ravi un siège républicain, tandis que le Kansas a élu Adam Hamilton, son premier sénateur démocrate depuis 1932. Des victoires sont également enregistrées en Caroline du Nord, dans l’Iowa et dans l’Ohio.
À l’issue du scrutin, Hakeem Jeffries a promis que la nouvelle majorité démocrate demanderait des comptes aux responsables politiques qu’il accuse de corruption. “Nous allons demander des comptes”, déclare-t-il à ses partisans, laissant entrevoir une confrontation politique avec la Maison Blanche au cours des deux dernières années du mandat de Donald Trump.
Avec AFP

