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FRANCE – Emmanuel Macron reconduit son ministre de l’Intérieur démissionnaire et réclame une nouvelle méthode face aux casseurs
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2424.mg Actualité & Reportages

19 octobre 2026

FRANCE – Emmanuel Macron reconduit son ministre de l’Intérieur démissionnaire et réclame une nouvelle méthode face aux casseurs

Emmanuel Macron refuse lundi la démission de son ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, et lui demande de déployer rapidement de nouvelles méthodes de maintien de l’ordre après les violences et les pillages survenus dans plusieurs villes françaises samedi 17 octobre. Le chef de l’État français réclame également des éclaircissements sur les défaillances dans l’anticipation et le renseignement qui ont précédé ces événements.

Laurent Nuñez a présenté sa démission dimanche, au lendemain des violences qui ont marqué la mobilisation. Le président de la République décide toutefois de le maintenir à son poste, invoquant “la nécessité d’un commandement continu des forces de l’ordre dans le contexte actuel”, selon un communiqué de l’Élysée publié lundi.

Emmanuel Macron demande notamment au ministre de l’Intérieur de déployer “au plus vite sur le terrain de nouveaux modes d’action” pour lutter contre les casseurs. Il insiste également sur la nécessité de faire la lumière sur les défaillances d’anticipation et de renseignement ayant contribué aux émeutes et aux destructions.

Selon les autorités, les violences ont entraîné environ 2 400 interpellations et fait près d’un millier de blessés parmi les forces de l’ordre. La gestion du maintien de l’ordre a été critiquée par plusieurs élus locaux, notamment les maires de Paris, Marseille et Limoges.

Une crise politique et sécuritaire

Dans une allocution solennelle diffusée dimanche soir, Emmanuel Macron a promis des sanctions contre les responsables des violences. “Ceux qui ont cherché à faire tomber la République auront à en répondre”, déclare-t-il, évoquant également la “colère” et la “honte” ressenties face aux événements.

Ces violences interviennent à six mois de l’élection présidentielle, dans un contexte de fortes tensions politiques. La présidente du Rassemblement national, Marine Le Pen, a dénoncé une “crise profonde” de confiance et d’autorité, qu’elle estime menaçante pour la démocratie. Jean-Luc Mélenchon, chef de file de La France insoumise, accuse, de son côté, le président de laisser la situation se dégrader.

De nouveaux incidents ont été signalés dimanche soir à Paris, notamment place de la République, ainsi que des pillages et des tentatives de pillage à Lyon et Marseille. À Paris, les forces de l’ordre ont fait état de 92 interpellations aux alentours de minuit.

Des manifestants grièvement blessés

Les opérations de maintien de l’ordre ont également fait l’objet de critiques de la part de manifestants, dont certains ont affirmé avoir été encerclés par les forces de l’ordre et exposés à des gaz lacrymogènes. Plusieurs personnes ont été grièvement blessées.

À Saint-Étienne, un manifestant de 17 ans a eu la main arrachée par une grenade. À Mulhouse, dans le Haut-Rhin, une jeune femme du même âge a perdu un œil. L’Association des maires de France (AMF) a appelé à des rassemblements devant les mairies à partir de midi lundi pour dénoncer les “attaques graves portées contre les institutions démocratiques”.

Les violences ont également suscité des réactions à l’étranger. Le président américain Donald Trump a affirmé que « la France brûle », attribuant la situation à l’immigration. Alors que la France a déjà connu des épisodes de violences lors du mouvement des Gilets jaunes en 2018 et 2019, l’ampleur des événements de samedi a ravivé les inquiétudes sur l’évolution de la crise. Raphaël Glucksmann, candidat du Parti socialiste à la présidentielle, a appelé à un retour au calme et à une sortie de la “spirale de la violence”.

Avec AFP

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