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PORTRAIT – Karin Maruyama, la volontaire japonaise qui façonne les liens à travers la poterie
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20 octobre 2026

PORTRAIT – Karin Maruyama, la volontaire japonaise qui façonne les liens à travers la poterie

31 ans, célibataire. Elle a choisi de poser ses valises à Madagascar pour une mission de volontariat de deux ans, dans le cadre du programme de volontariat pour la coopération à l’étranger ou JOCV. Elle, c’est Karin Maruyama, cette jeune japonaise aime la poterie au point d’en transmettre son savoir-faire aux habitants, avec les moyens disponibles à l’Ecovillage Mahavariana, à Talata Volonondry. De son expérience au Japon aux réalités de l’artisanat malgache, elle a dû apprendre à faire autrement. Mais derrière les objets façonnés dans l’argile, son projet va bien au-delà de la poterie. Rencontre avec une volontaire japonaise qui voulait découvrir Madagascar et qui a trouvé une autre manière de créer des liens.

Avant de transmettre son savoir-faire à Madagascar, Karin Maruyama a suivi un parcours qui ne la destinait pas forcément à la poterie. Après des études en relations internationales au Japon, elle travaille dans une entreprise de camping qui met la nature à l’honneur. Puis elle change de voie, se forme à la céramique et en fait son métier. Aujourd’hui, cette passion l’accompagne jusqu’à l’Écovillage Mahavariana, à Talata Volonondry, où elle fait de la poterie un outil de transmission et de partage.

« Je m’appelle Karin. Je suis une volontaire japonaise et je travaille ici, à l’Écovillage. J’ai déjà travaillé dans la poterie et pratiqué cet artisanat au Japon. Lorsque je suis arrivée à Madagascar, j’ai enseigné la poterie à Mahefa. Ensuite, c’est lui qui a commencé à enseigner aux Malgaches. Les apprenants d’ici réalisent des objets artisanaux. Maintenant, ils maîtrisent bien cette activité et travaillent avec moi », explique Karin Maruyama, volontaire japonaise du JOCV.

Transmettre un métier, ce n’est pas simplement reproduire les gestes appris ailleurs. Au Japon, Karin travaillait avec des équipements électriques. À Madagascar, elle découvre un environnement où les outils et les moyens de cuisson sont différents. Il faut alors observer, échanger et trouver de nouvelles solutions, sans renoncer à l’objectif : permettre aux apprenants de fabriquer leurs propres objets.

« Dans l’ensemble, les matériaux sont très similaires. C’est notamment le cas de l’argile. En revanche, les équipements sont différents, par exemple le four utilisé pour la cuisson. J’ai beaucoup discuté avec mes collègues et nous avons trouvé des solutions. Cela nous a permis de réaliser des objets en poterie malgache », explique-t-elle.

Quand Karin Maruyama découvre l’Écovillage, les conditions ne sont pas encore réunies pour pratiquer la céramique. Pas d’atelier adapté, pas de four de cuisson et des difficultés pour disposer d’une argile appropriée. Peu à peu, avec l’appui de l’organisation qui gère le site et la collaboration de ses collègues, l’espace se transforme. De quoi passer de l’envie de créer à la possibilité de fabriquer de véritables objets.

« Lorsque je suis arrivée à l’Écovillage, il n’y avait pas d’atelier, pas de bonne argile, pas de four pour la cuisson, rien du tout. Mais aujourd’hui, les choses ont changé. Nous disposons désormais de tous ces équipements », observe la jeune volontaire japonaise.

Mais pourquoi Madagascar ? Pour Karin Maruyama, le choix commence bien avant son arrivée à Talata Volonondry. Étudiante, elle est déjà curieuse de découvrir l’Afrique. Elle a visité le Kenya et le Maroc, mais Madagascar reste un pays qu’elle connaît peu. Faute de trouver facilement des livres sur la Grande Île au Japon, elle décide de venir découvrir le pays par elle-même.

« Lorsque j’étais à l’université, j’étais très curieuse de découvrir l’Afrique. J’étais déjà allée au Kenya et au Maroc, donc je pouvais me faire une petite idée de ce qu’était l’Afrique. Mais je n’avais aucune idée précise de ce qu’était Madagascar. Au Japon, il était vraiment difficile de trouver des livres sur Madagascar. J’ai donc choisi de venir à Madagascar, car je voulais découvrir le pays directement, de mes propres yeux. C’est pour cette raison que j’ai choisi Madagascar », raconte Karin Maruyama.

À son arrivée, pourtant, la poterie n’était pas au programme de sa mission. Karin Maruyama devait initialement accompagner des vendeurs de koba et de saucisses dans la commune.

Puis une ressource locale attire son attention : l’argile. La rencontre avec une association à l’Écovillage lui ouvre alors une autre voie, plus proche de son expérience et de son savoir-faire.

« Ma mission consistait initialement à aider les vendeurs de koba et de sôsisy dans la commune. Mais, heureusement, j’ai découvert l’argile à Madagascar. J’ai également eu la chance de rencontrer l’association ici à l’Écovillage. C’est alors que j’ai décidé d’enseigner la poterie ici », raconte la volontaire.

Pour Karin Maruyama, la poterie ne se limite pas à apprendre une technique ou à fabriquer des objets utiles. À Talata Volonondry, elle rencontre des personnes prises par le travail, les responsabilités familiales et les exigences du quotidien. Elle souhaite leur offrir autre chose : un moment de pause, un espace pour créer et le droit de penser aussi à elles-mêmes. C’est peut-être là que sa mission prend tout son sens.

« Lorsque je suis arrivée à Madagascar, à Talata Volonondry, j’ai vu beaucoup de personnes très occupées, qui travaillaient beaucoup, s’occupaient de leurs enfants et devaient faire face aux exigences de la vie quotidienne. J’ai alors souhaité leur permettre d’avoir un loisir, de disposer de moments de détente et de prendre du temps pour elles-mêmes. Je voulais qu’elles puissent penser à elles-mêmes, plutôt que de toujours penser à leur famille ou à la société, et qu’elles puissent se recentrer sur elles-mêmes. J’espère donc que les élèves et mes collègues peuvent penser à eux-mêmes lorsqu’ils pratiquent la poterie », explique Karin Maruyama.

Venue au départ pour découvrir Madagascar et y passer un séjour en tant que volontaire du JOCV, Karin Maruyama y a trouvé une manière de partager ce qu’elle sait faire et d’apprendre à son tour. Dans l’atelier de l’Écovillage Mahavariana, l’argile devient un terrain d’expérimentation, de transmission et de rencontre. Les techniques diffèrent, les moyens évoluent, mais l’envie de créer rassemble. Et pour Karin Maruyama, si la poterie permet aussi à chacun de s’accorder un peu de temps, alors sa mission aura pris tout son sens.

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