“J’ai retiré ma toge de ‘mpiandry’ au moment de l’inauguration de la plaque commémorative et maintenant que je prononce mon discours”. Le président de la Refondation, le Colonel Michaël Randrianirina, a tenu à s’assurer qu’il ne soit pas habillé en “mpiandry” au moment où il assume des fonctions de chef d’Etat. “Que l’on ne vienne pas dire que j’ai emmené tout Madagascar au sein de l’Eglise luthérienne”, indique-t-il alors qu’il prenait la parole durant le culte de célébration du jubilé du 85ème anniversaire du “Tobilehibe” d’Ankaramalaza, dimanche.
Pour le chef de l’Etat, “c’est par respect de la laïcité de l’Etat ainsi que mentionné dans l’article 2 de la Constitution”, qu’il a tenu à bien séparer ses fonctions de chef de l’Etat de son statut de “mpiandry”. Il assure d’ailleurs que la laïcité de l’Etat, qui est un “sujet compliqué”, est bien respectée par son régime à Madagascar. Il rappelle qu’à Madagascar les chefs d’Eglise ne donnent pas d’ordre au chef d’Etat tandis que l’Etat ne subventionne ni les cultes ni les pasteurs.
Le Colonel Michaël Randrianirina fait néanmoins savoir que ce n’est pas parce qu’il est devenu président de la Refondation qu’il va abandonner la toge dans laquelle Jésus l’a habillé. “J’ai été ‘mpiandry’ avant d’être chef de l’Etat”, martèle-t-il, rappelant que l’article 18 de la Déclaration universelle des droits de l’homme reconnaît à tout individu la liberté de pensée, de conscience et de religion. “Je reste fidèle à ma foi”, assure-t-il encore.
Dans son allocution, le président de la Refondation affirme “croire qu’en plus des efforts effectués par l’Etat, c’est le mouvement du Réveil qui sauvera Madagascar”. Il dit également regretter “l’hypocrisie malgache” qui réclame la laïcité alors que l’hymne national invoque Dieu tout comme le moindre trébuchement conduit à invoquer Dieu. “La laïcité de l’Etat reste un grand débat, un sujet important de débat”, insiste-t-il.















