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26 octobre 2026
SANTE- Le combat quotidien de Prisca Rakotobe, atteinte d’un cancer du sein, pour rester debout
Le cancer, ce mal du XXIè siècle, atteint davantage de personnes, y compris les jeunes. A l’exemple du cancer du sein et celui du col de l’utérus, ils touchent un millier de femmes par an à Madagascar, selon les estimations. Le cancer du sein peut bouleverser une vie en quelques semaines. De nombreuses femmes malgaches découvrent encore la maladie à un stade avancé. À 38 ans, Nandrianina Prisca Rakotobe, fonctionnaire, a vu son quotidien basculer après l’annonce du diagnostic. Deux opérations, des séances de chimiothérapie et des mois de traitement ont rythmé son combat. Entre fatigue, responsabilités de mère et peur de voir la maladie revenir, elle s’accroche, portée par ses proches. Aujourd’hui, elle raconte son parcours et lance un appel aux femmes : ne pas attendre pour consulter.
Tout a commencé par une petite grosseur au-dessus du sein. Pas de douleur intense, mais suffisamment d’inquiétude pour pousser Prisca Rakotobe à consulter. Les examens vont alors révéler une réalité qu’elle était loin d’imaginer : elle est atteinte d’un cancer du sein.
« En octobre 2024, j’ai remarqué une petite grosseur dans la partie supérieure de ma poitrine, plutôt au-dessus du sein. J’ai consulté un médecin et passé un scanner, en complément d’une échographie mammaire. Les examens ayant révélé certaines anomalies, une suspicion de cancer a été évoquée. Je me suis alors rendue au centre hospitalier universitaire Joseph Ravoahangy Andrianavalona (HJRA), où un chirurgien a réalisé les examens complémentaires nécessaires », raconte Nandrianina Prisca Rakotobe.
Le diagnostic est confirmé et le combat commence. Prisca Rakotobe subit deux interventions chirurgicales, dont une mastectomie totale, avant d’entamer un parcours thérapeutique éprouvant, entre chimiothérapie, radiothérapie et hormonothérapie. La chute des cheveux, la fatigue et les autres effets secondaires mettent son corps à rude épreuve.
« Les résultats des analyses anatomopathologiques ont révélé la présence d’une tumeur maligne. J’ai d’abord subi une intervention chirurgicale pour retirer la tumeur. Environ un mois plus tard, les résultats des analyses complémentaires sont arrivés. Malheureusement, ils étaient mauvais : la maladie avait déjà commencé à évoluer vers un stade métastatique. J’ai alors subi une deuxième opération, avec une mastectomie totale, c’est-à-dire l’ablation complète du sein. Un cathéter permanent a également été posé au niveau du thorax pour faciliter l’administration de la chimiothérapie », retrace-t-elle.
La chimiothérapie débute un mois après cette seconde intervention. Au total, elle suit 16 séances : les quatre premières sont espacées de 21 jours, tandis que les douze suivantes sont administrées chaque semaine. Un mois après la fin de cette étape, elle commence la radiothérapie. Aujourd’hui, elle poursuit son traitement avec l’hormonothérapie, qu’elle devra prendre pendant sept à dix ans.
Mais face au cancer, les traitements ne sont pas les seules épreuves à surmonter. Il faut aussi composer avec les contraintes professionnelles, les dépenses et les responsabilités familiales, alors que la fatigue rend parfois les gestes les plus simples difficiles. Mère de trois enfants, Prisca Rakotobe doit faire face à une réalité douloureuse : continuer à s’occuper de ses proches alors que son propre état de santé exige du repos et des soins.
« Le traitement du cancer impose de nombreuses contraintes. Il faut notamment concilier le travail et la vie familiale, ce qui devient particulièrement difficile pendant la chimiothérapie. Les difficultés sont aussi bien financières que liées au manque de temps. Même lorsque votre enfant est malade, par exemple, vous ne pouvez pas toujours l’emmener vous-même chez le médecin, parce que votre propre corps est épuisé », témoigne-t-elle.

