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24 octobre 2026
SANTE – Un essai de vaccin contre Ebola débute en RD du Congo
Le premier essai clinique d’un vaccin contre Ebola dans le cadre de l’épidémie qui frappe la République démocratique du Congo a débuté vendredi, a annoncé l’OMS, suscitant l’espoir, alors que plus de 4.600 personnes sont déjà mortes de la maladie.
La RDC est en proie à la 17e épidémie de maladie à virus Ebola de son histoire, devenue en quelques mois la plus meurtrière jamais connue dans ce vaste pays d’Afrique centrale. Elle a franchi le seuil des 9.700 cas, et le nombre de décès a dépassé les 4.600.
Aucun vaccin ou traitement n’est officiellement approuvé contre l’espèce Bundibugyo du virus Ebola, responsable de l’épidémie.
Mais « la science nous donne de l’espoir », a écrit sur la plateforme X le directeur de l’Organisation mondiale de la Santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus : l’essai à grande échelle et sur l’être humain d’Ervebo, un vaccin approuvé pour une utilisation contre la souche Zaïre, plus courante, du virus Ebola, a en effet débuté, et ce en RDC.
Son premier objectif : déterminer s’il offre une protection croisée contre Bundibugyo.
« Aujourd’hui (vendredi, NDLR), à Bunia, en RDC, les premiers participants ont été vaccinés dans le cadre d’un nouvel essai de vaccin contre Ebola appelé Tumaini, qui signifie +espoir+ en swahili », a déclaré M. Tedros. Le choix de Bunia est tout trouvé, puisqu’il s’agit de la capitale de la province d’Ituri, foyer de l’épidémie déclarée à la mi-mai.
Tumaini, un cadre d’essai unique qui peut tester la sécurité et l’efficacité de plusieurs vaccins, doit également intégrer à terme deux candidats vaccins spécifiques à Bundibugyo, qui progressent dans des essais cliniques plus précoces, de plus petite échelle.
– « Etape importante » –
Le premier est un vaccin à vecteur adénoviral ChAdOx1 en cours de développement à l’université d’Oxford, au Royaume-Uni. Le second, développé par le groupe américain Moderna, utilise la technologie de l’ARN messager.
Tous deux bénéficient de financements de la Coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies (Cepi), un partenariat international public-privé basé à Oslo. Ils devraient être intégrés « bientôt » à l’essai, d’après cette coalition.
Celui-ci sera conduit « étroitement avec les populations touchées, les autorités sanitaires et les partenaires de la riposte épidémique pour obtenir des données solides sur la performance des vaccins qui pourraient contribuer à endiguer l’épidémie, sauver des vies et renforcer la préparation face à de futures épidémies de Bundibugyo », a mis en avant la coalition.
L’étude inclura en outre des femmes enceintes et des enfants d’au moins 12 ans, des populations souvent exclues des essais cliniques à grande échelle.
Pour Chikwe Ihekweazu, directeur du programme de l’OMS de gestion des situations d’urgence sanitaire, la démonstration de l’efficacité d’au moins un vaccin contre Bundibugyo, si tel est le cas, constituera « une avancée majeure ».
Ebola a coûté la vie à plus de 15.000 personnes en Afrique au cours des 50 dernières années. Le virus de cette maladie mortelle se transmet par contact avec les fluides corporels et provoque une fièvre hémorragique.
Le 17 mai, l’OMS a déclaré une urgence de santé publique de portée internationale, son deuxième niveau d’alerte le plus élevé, face à l’épidémie en RDC. Celle-ci s’est déclarée dans des régions du nord et de l’est où la présence de l’État est fragile et où des groupes armés entretiennent l’insécurité.
Steve Ahuka-Mundeke, un responsable de la riposte épidémique pour la RDC, s’est réjoui du début de l’essai, « une étape importante pour répondre aux besoins urgents des populations touchées ».
AFP

