Un engagement confirmé. Alors que les Etats-Unis s’inquiètent de la présence de centres d’appel frauduleux sur la Grande île, Madagascar rappelle sa volonté de lutter contre la traite des êtres humains à des fins d’exploitation dans des activités délictuelles ou criminelles, notamment les escroqueries en ligne. Bien que la loi malgache actuellement en vigueur sur la traite des êtres humains ne reconnaisse pas encore cette infraction, la ministre de la Justice, Fanirisoa Ernaivo, indique que parmi les individus interpellés dans le cadre des opérations de démantèlement des réseaux de scamming à Madagascar, “certains sont des victimes amenés à participer à des activités frauduleuses”.
Dans son discours à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre la traite des êtres humains, jeudi, la ministre rappelle que le projet de loi qui reconnaît cette infraction sera examiné lors de la prochaine session parlementaire. Elle évoque également la nécessité de renforcer la sensibilisation à cette forme d’exploitation, souvent confondue avec d’autres infractions.
Selon la Garde des sceaux, Madagascar a déjà pu interpeller des centaines de personnes impliquées dans des réseaux de scamming. Certaines ont été placées en détention dans l’attente de leur procès tandis que d’autres ont été rapatriées vers leur pays d’origine. “La plupart des personnes interpellées proviennent de pays d’Asie”, précise-t-elle. Pour les commanditaires qui sont identifiés et qui sont basés à l’étranger, la ministre évoque “une coopération judiciaire internationale afin de permettre leur poursuite”.
Présente lors de la cérémonie organisée dans le cadre de la journée mondiale de lutte contre la traite des êtres humains, la chargée d’affaires américaine, Melanie Higgins, n’a pas manqué de “saluer les efforts en cours des forces de l’ordre malgache pour enquêter sur ces activités”. Evoquant “les préoccupations du gouvernement américain concernant la présence de centres d’appel frauduleux dans le pays”, elle martèle l’engagement des Etats-Unis “aux côtés de Madagascar pour faire progresser les droits humains et lutter contre la traite des êtres humains”.
Les Etats-Unis financent, entre autres, l’Office des Nations unies contre la drogue et les crimes (UNODC) pour son travail de renforcement des capacités des forces de l’ordre locales en matière d’enquête et de poursuite des affaires de traite. La chargée d’affaires américaine rapporte que “des agents des forces de l’ordre malgache ont participé à des programmes de formation leur permettant d’acquérir des compétences en matière d’enquête et de poursuite pour divers crimes, y compris la traite des êtres humains”.















