Finie la galère des monnaies sur les taxi-be. Depuis quelques mois, Kanto Razanadrakoto teste un nouveau système de paiement de ses frais de transport.
Au lieu de débourser l’argent comme tout le monde, elle paie ses frais directement à partir d’une carte numérique. Pour l’instant, elle semble satisfaite du système et de son utilisation. Elle n’y voit que des avantages.
“Je n’ai plus besoin de chercher la petite monnaie lorsque je vais prendre le bus. Je n’ai plus besoin de réclamer la monnaie aussi”, indique Kanto Razanadrakoto – Testeur.
Ce tout nouveau système encore en phase de test est l’œuvre de CPP système. Cette entreprise travaille dans la digitalisation à Madagascar. L’objectif consiste à fournir une autre alternative à l’utilisation de l’argent liquide dans le paiement des frais de transport à Madagascar.
Une dizaine de mini-bus de la ligne Tana – Ivato en sont actuellement équipée. Le système fonctionne comme au guichet automatique de banque. L’usager commence par s’inscrire et obtient une carte personnelle. Cette carte peut être alimentée via mobile money ou auprès des kiosques de la société. Une fois la carte chargée, elle peut être utilisée dans tous les bus équipés du système. En un seul passage de la carte sur le terminal TPE, le tour est joué. “Lorsque le bus n’est pas bondé, la personne entre, elle badge et en trois secondes le tour est joué », explique Severin Vahanjakoto de CPP System.
Révolutionner le transport public à Madagascar
Le système ne compte pas remplacer le paiement par cash. Le but est de proposer les deux modes de paiement et de permettre aux usagers d’en avoir le choix.
Le système intègre d’ailleurs un paiement par cash pour les usagers qui ne se sont pas souscrits à la carte: un ticket est fourni à l’usager qui utilise le système de paiement habituel. “Si la personne donne un billet de 500 ariary, le receveur appuie ici et choisit entre payer par carte ou par cash. Lorsqu’il dit cash, le receveur appuie ici et le TPE délivre un ticket », a fait savoir Severin Vahanjakoto.
Les promoteurs en sont convaincus, ce système peut révolutionner le transport public à Madagascar.
S’il facilite la vie des usagers du transport public, il offre aussi de nombreux avantages pour rendre facile celle des professionnels du secteur, notamment les propriétaires de bus mais aussi les coopératives.
Parmi les avantages, le suivi en temps réel de toutes les activités du bus. “Au niveau des coopératives, elles peuvent surveiller si les voitures respectent les cahiers des charges. Elles peuvent contrôler leurs membres grâce à ce TPE. Pareil pour les propriétaires des bus qui peuvent savoir à tout moment où sont leurs véhicules. Ils peuvent aussi connaitre leurs recettes à tout moment », soutient Severin Vahanjakoto.
Pour les promoteurs, les gains des propriétaires des bus peuvent monter jusqu’à 10 % de plus par rapport au système actuel.
Finis les petits larcins. La formalisation des métiers de receveur et de chauffeur lesquels deviendront des salariés fixes, est même envisageable.
Le système a aussi été conçu pour faciliter au maximum son utilisation.
Des chauffeurs réticents
La transition vers le système s’est passée comme sur des roulettes, indique Jean Claude Rijaniaina, receveur. “La base, pour des gens qui ont fait des études, n’est pas réellement difficile, mais pour des gens qui n’ont pas fait des études cela peut être compliqué. Personnellement, je n’ai trouvé aucun problème », continue-t-il d’expliquer.
Mais si certains sont convaincus, d’autres restent encore réticents à l’idée de migrer vers le système, notamment les chauffeurs et les receveurs habitués à gagner de l’argent au quotidien.
Bien que la formalisation de leurs métiers ne soit à ce stade qu’une hypothèse, certains sont assez perplexes. Tovo Ratsirahonana déclare que “ Il y a des bus où les employés sont payés au mois. Mais pour nous on est payés au surplus du versement. Donc si on utilise le système par carte cela peut être préjudiciable pour nous ».
CPP système espère bientôt en terminer avec la phase de test qui a commencé au mois de Juin 2022. Ils espèrent pouvoir entamer la phase commerciale dès cette année sur la ligne Tana – Ivato. Plus tard, ils espèrent vulgariser le système sur tous les bus de la capitale.