Amnesty International appelle les autorités maliennes à ouvrir une enquête indépendante sur de présumés crimes de guerre commis lors de l’attaque d’un convoi militaire dans le nord du Mali le 18 juillet. L’organisation affirme que des vidéos analysées montrent l’exécution de soldats maliens qui étaient hors de combat après leur capture.
Dans un communiqué publié mercredi, l’ONG indique avoir examiné douze vidéos de l’attaque survenue à Tabrichat, où au moins 50 militaires maliens ont été tués dans une embuscade revendiquée par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, et le Front de libération de l’Azawad (FLA). Cette attaque figure parmi les plus meurtrières subies par l’armée malienne depuis le début du conflit en 2012.
Selon Amnesty International, certaines vidéos montrent des soldats “les mains derrière la tête en signe évident de reddition”, tandis que d’autres montrent “un groupe d’hommes à terre” sur lesquels des hommes armés ouvrent le feu. L’organisation affirme également que des prisonniers y sont victimes de mauvais traitements, notamment de coups.
“Nous appelons les autorités maliennes à mener une enquête indépendante et impartiale sur ces crimes de guerre commis par le FLA et le JNIM qui ont revendiqué l’attaque”, indique Amnesty International dans son communiqué.
Cité par l’organisation, Ousmane Diallo, chercheur senior sur le Sahel au bureau régional d’Amnesty International, estime que “les soldats étaient hors de combat avant d’être victimes de mauvais traitements et d’être exécutés”. Il rappelle que les combattants capturés ou ayant déposé les armes sont protégés par le droit international humanitaire.
Le 23 juillet, les Nations unies avaient déjà demandé l’ouverture d’une enquête sur des allégations de torture et de meurtres commis lors de cette même attaque. Le convoi militaire avait quitté Anéfis en direction de Gao lorsqu’il est tombé dans une embuscade. Les semaines précédentes, Anéfis avait été le théâtre de violents affrontements pour son contrôle. L’attaque a été revendiquée conjointement par le JNIM et le FLA.
Le Mali est confronté depuis 2012 à une crise sécuritaire marquée par les violences de groupes jihadistes affiliés à Al-Qaïda et à l’organisation État islamique, de mouvements séparatistes touaregs ainsi que de groupes armés communautaires. Depuis les coups d’État de 2020 et 2021, le pays est dirigé par une junte militaire qui avait fait du rétablissement de la sécurité l’une de ses principales priorités.
Avec AFP















