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AFRIQUE DE L’EST – Un gourou et 28 complices reconnus coupables du meurtre de 191 personnes, dont 190 enfants au Kenya
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20 octobre 2026

AFRIQUE DE L’EST – Un gourou et 28 complices reconnus coupables du meurtre de 191 personnes, dont 190 enfants au Kenya

 

Un tribunal de Mombasa a reconnu coupables 29 prévenus, dont le pasteur autoproclamé Paul Mackenzie, du meurtre de 191 personnes, parmi lesquelles 190 enfants, dans l’affaire du massacre de la forêt de Shakahola, au Kenya. Les victimes avaient été poussées à jeûner jusqu’à la mort dans l’espoir de rencontrer Jésus, selon les éléments retenus par la justice. La peine sera prononcée le 6 novembre. La défense a annoncé son intention de faire appel.

“J’estime que l’accusation a apporté la preuve de la culpabilité des 29 prévenus dans le meurtre de 190 enfants et d’un adulte”, a déclaré la juge Diana Kavedza Mochache lors du prononcé du verdict au tribunal de Mombasa. Selon les conclusions du tribunal, Paul Mackenzie avait organisé des jeûnes extrêmes en affirmant que ses fidèles pourraient ainsi rencontrer Jésus. La justice a également établi l’existence d’une “hiérarchie de la mort”, selon laquelle les enfants devaient mourir en premier, suivis des adolescents, des femmes, puis des hommes.

Pratiques extrêmes

L’affaire remonte à 2023, lorsque des centaines de corps ont été découverts dans la forêt de Shakahola, dans l’arrière-pays de Malindi, sur la côte sud du Kenya. Les investigations ont révélé les pratiques extrêmes imposées aux membres de l’Église internationale de la Bonne Nouvelle, fondée par Paul Mackenzie en 2003.

Le tribunal a conclu que 72 victimes étaient mortes de faim. D’autres ont succombé à l’asphyxie, à une compression du cou ou à des traumatismes crâniens. Pour 110 personnes, l’état de décomposition des corps n’a pas permis de déterminer avec certitude la cause du décès. La juridiction a toutefois estimé que les éléments disponibles permettaient de conclure qu’elles étaient également mortes de faim.

La juge a décrit un processus de radicalisation fondé notamment sur l’isolement, la domination et la rupture des liens familiaux. Ces mécanismes auraient conduit certains membres à affamer leurs propres enfants au nom de leurs convictions religieuses. Plus de 200 témoins ont été entendus au cours du procès, portant sur les faits survenus entre 2021 et 2023 dans un ranch de 325 hectares situé dans la forêt de Shakahola.

Soulagement après un verdict historique

Le verdict a été accueilli avec soulagement par des proches des victimes présents au tribunal. Francis Wanje, 62 ans, a perdu huit membres de sa famille, dont sa fille et deux de ses petits-enfants. “Je sais que les miens ne reviendront pas, mais au moins, les choses ont bougé”, confie-t-il à l’AFP, évoquant une perte qui reste “très douloureuse et lourde”.

Dan Mackenzie, le fils de Paul Mackenzie, âgé de 24 ans, qui avait rompu avec son père et affirme avoir lui-même survécu à des sévices, a également exprimé son soulagement. “Justice a été rendue aux victimes”, déclare-t-il lors d’une conférence de presse.

Le parquet kényan a qualifié le verdict d’“historique”. Le massacre de Shakahola a provoqué une onde de choc dans ce pays majoritairement chrétien et relancé les appels à un encadrement plus strict des organisations religieuses.

Accusations multiples

Arrêté en avril 2023, Paul Mackenzie fait également l’objet de procédures distinctes pour des accusations supplémentaires d’homicide involontaire et de terrorisme. Ancien chauffeur de taxi, il avait déjà été arrêté en 2017 pour des accusations de radicalisation, avant d’être acquitté. En 2019, il avait de nouveau été arrêté après la mort de deux enfants par inanition à Shakahola.

La Commission nationale kényane des droits humains avait évalué le bilan du drame à 429 morts en 2024, dont certaines victimes n’avaient pas encore été identifiées. En janvier 2026, Paul Mackenzie a été mis en accusation une nouvelle fois après la découverte de 52 corps supplémentaires dans un village voisin.

Le pasteur avait créé l’Église internationale de la Bonne Nouvelle en 2003 et ouvert plusieurs antennes, notamment à Nairobi et sur la côte kényane. L’organisation avait attiré des milliers de fidèles avant qu’il n’en annonce la fermeture en 2019.

L’arrestation de Paul Mackenzie en 2023 avait suivi le signalement de défenseurs des droits humains, après le sauvetage de certains adeptes. Les fouilles avaient mis au jour de nombreuses fosses communes peu profondes. Les opérations avaient même dû être suspendues temporairement, les morgues locales ne pouvant plus accueillir le nombre de corps retrouvés.

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