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19 octobre 2026
COMMERCE – Cyril Ramaphosa prépare l’Afrique du Sud à une éventuelle exclusion de l’Agoa
L’Afrique du Sud se prépare à l’éventualité d’une exclusion de l’African Growth and Opportunity Act (Agoa), un accord commercial préférentiel entre les États-Unis et plusieurs pays africains. Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a évoqué cette possibilité lundi, sur fond de tensions avec Washington, qui accuse Pretoria de persécuter les Afrikaners, descendants des colons européens.
“Ce serait dévastateur pour nous, compte tenu du nombre d’emplois en jeu”, déclare Cyril Ramaphosa lors d’un briefing, en réponse à une question de l’AFP. Il indique que son gouvernement poursuit les discussions avec les autorités américaines, tout en étudiant les conséquences d’une éventuelle exclusion et les alternatives commerciales possibles.
Renouvelé en septembre par le Congrès américain, l’Agoa permet aux pays bénéficiaires d’accéder au marché américain en bénéficiant d’exemptions de droits de douane sur certains produits. L’Afrique du Sud en est le premier bénéficiaire. Cet accord ne supprime toutefois pas les nouvelles surtaxes douanières instaurées par l’administration du président américain Donald Trump.
La décision finale sur le maintien de Pretoria dans le dispositif relève désormais du pouvoir exécutif américain, selon Cyril Ramaphosa. Le président sud-africain a rappelé que d’autres pays avaient déjà perdu leur éligibilité à l’Agoa et que l’Afrique du Sud ne serait pas nécessairement le dernier pays concerné.
Des emplois menacés dans l’automobile et l’agriculture
Les secteurs automobile et agricole, notamment la filière des agrumes, figurent parmi les activités sud-africaines les plus exposées aux conséquences d’une exclusion. En 2025, l’organisation patronale du secteur automobile sud-africain Naamsa estimait à 86 000 le nombre d’emplois directement liés à l’Agoa dans cette industrie, et à 125 000 en incluant les emplois chez les sous-traitants.
Face à cette perspective, Cyril Ramaphosa a assuré que son gouvernement continuerait à développer les relations commerciales du pays avec différentes régions du monde afin de limiter les conséquences d’une éventuelle décision américaine.
Les tensions entre les deux pays se sont également traduites par des restrictions de visas annoncées par Washington à la mi-septembre à l’encontre de responsables sud-africains. Depuis le retour de Donald Trump au pouvoir, l’administration américaine accuse Pretoria de persécuter les Afrikaners.
Selon les données citées dans la dépêche de l’AFP, les États-Unis avaient accueilli, au 30 septembre, 16 287 Sud-Africains en un an dans le cadre d’un programme de relocalisation. À l’exception de cinq Afghans, ils étaient les seuls à avoir obtenu le statut de réfugié auprès de Washington.
La procédure américaine prévoit un préavis de 60 jours au Congrès et au pays concerné avant le retrait de l’éligibilité à l’Agoa. Pour une exclusion prenant effet au 1er janvier, l’annonce doit intervenir avant le 2 novembre. En octobre 2023, le président de l’époque, Joe Biden, avait déclaré inéligibles quatre pays africains : la République centrafricaine, le Gabon, le Niger et l’Ouganda. La mesure était entrée en vigueur le 1er janvier 2024.
Avec AFP

