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03 novembre 2026
COMMONWEALTH – Charles III promet d’aborder “avec franchise” les aspects les plus honteux de l’histoire britannique liés à l’esclavage
Le roi Charles III abordera mardi les aspects les plus controversés de l’histoire britannique, notamment la traite transatlantique des esclaves, dans un discours devant les dirigeants du Commonwealth réunis à Antigua-et-Barbuda. Le palais de Buckingham a annoncé samedi que le souverain évoquera ces questions “avec une franchise sans concession”, alors que les appels à des excuses officielles et à des réparations financières se multiplient.
Le roi doit s’adresser aux chefs de gouvernement des 56 pays membres du Commonwealth, principalement d’anciennes colonies britanniques et dont 21 pays africains, à l’occasion de leur réunion (CHOGM). Selon un porte-parole du palais, son intervention sera marquée par “une profonde tristesse” et tiendra compte des discussions plus larges engagées entre les gouvernements concernés.
Charles III s’exprimera toutefois en sa qualité de chef du Commonwealth. Il ne lui serait donc « pas approprié » d’aborder les questions relevant de la position politique du gouvernement britannique, a précisé Buckingham.
La question de la responsabilité historique du Royaume-Uni dans la traite transatlantique des esclaves a pris une place importante dans l’actualité à l’occasion de la tournée de neuf jours du souverain dans les Caraïbes. Plusieurs pays de la région réclament depuis des années des excuses officielles de Londres ainsi que des réparations pour les conséquences de l’esclavage.
Le Premier ministre britannique Andy Burnham s’est déclaré ouvert à la présentation d’excuses officielles au nom de l’État britannique, tout en excluant des compensations financières. Dans une tribune publiée samedi dans le quotidien The Guardian, il a estimé nécessaire de “regarder le passé en face”.
Le chef du gouvernement a exprimé sa tristesse et ses regrets pour les souffrances infligées à des millions de personnes, tout en reconnaissant les conséquences persistantes de la traite dans le monde actuel. Il a qualifié cette pratique de “violation brutale et barbare” des droits humains.
Andy Burnham a également proposé d’engager un dialogue structuré avec les populations touchées par la traite transatlantique. Il s’est dit ouvert aux demandes d’excuses officielles, qui pourraient constituer un élément important de ce processus.
Il a néanmoins rejeté l’idée de tenir les Britanniques d’aujourd’hui financièrement responsables de faits historiques auxquels ils n’ont pas personnellement pris part. Le Premier ministre a plutôt évoqué une initiative visant à faciliter la restructuration de la dette des pays les plus pauvres du Commonwealth, notamment grâce à des échéances de remboursement plus longues et à des taux plus avantageux.
Lors de son déplacement aux Bahamas, mardi, Charles III avait déjà reconnu “les grandes souffrances du passé”. Le souverain avait précédemment qualifié l’esclavage de l’une des périodes les plus sombres de l’histoire britannique.
Selon les Nations unies, environ 15 millions d’hommes, de femmes et d’enfants africains ont été victimes de la traite transatlantique entre le XVIe siècle et la fin du XIXe siècle. Le Royaume-Uni met de son côté en avant son rôle dans l’abolition de l’esclavage. En 1833, le Parlement britannique avait adopté une loi abolissant cette pratique dans la majeure partie de l’Empire britannique.
Avec AFP

