Des contrôles phytosanitaires avant toute expérimentation. Les semences mères améliorées de riz offertes à Madagascar par l’initiative égyptienne “Futur d’Egypte” ont été remises au Centre national de recherche appliquée au développement rural pour être soumises aux contrôles sanitaires, à une mise en quarantaine et à des expérimentations. “Le Fofifa, en tant que centre de recherche pour l’agriculture, est l’entité ayant l’expertise et les expériences nécessaires” pour ces étapes, souligne le ministre de l’Agriculture et de la souveraineté alimentaire, Gaëtan Ramindo, durant la remise des semences au siège du ministère la semaine dernière.
Selon le ministre, l’objectif sera notamment d’évaluer le potentiel et l’adaptation des semences aux différentes conditions agroclimatiques de Madagascar. “Cette variété de riz est une variété qui s’adapte aux conditions les plus difficiles mais qui a aussi un rendement très élevé”, confie le ministre dans la déclaration-vidéo partagée par le ministère. “Les expérimentations que nous allons mener nous permettront de voir quels seront les sites les plus adaptés à cette variété de façon à ce que nous en tirions le maximum de bénéfices”, ajoute-t-il.
Dans son discours à l’occasion de la célébration du jubilé du trentenaire de l’Eglise Apokalipsy, le président de la Refondation, le Colonel Michaël Randrianirina, avait encore rappelé la performance de cette variété de riz égyptienne qui, selon lui, se développe dans le désert. “Les Egyptiens cultivent du riz sur une terre désertique”, souligne-t-il. “Je me suis alors demandé pourquoi dans mon pays où il y a de l’eau et des forêts, on n’arrive pas à produire autant mais on importe du riz”, s’interroge-t-il, remerciant en même temps les autorités égyptiennes d’avoir offert ces semences à Madagascar, mais aussi de prévoir l’arrivée de techniciens égyptiens pour former les techniciens malgaches.
Pour le ministère en charge de l’Agriculture et de la souveraineté alimentaire, cette nouvelle variété de riz devrait alors contribuer à permettre à la Grande île d’“atteindre la souveraineté alimentaire”, mais aussi d’“améliorer les revenus des paysans producteurs en leur permettant d’augmenter leur productivité”. Mais toutes les procédures doivent être respectées aussi bien avant toute expérimentation qu’avant toute utilisation à grande échelle, insiste le ministre. “Le ministère assure que ces semences ramenées d’Egypte respecteront toutes les procédures sanitaires et de protection des cultures”, martèle-t-il.
Dans son rapport public de 2025 publié en mars 2026, la Cour des comptes avait dénoncé la distribution en février 2025 de semences de riz contaminées dans plusieurs localités de la Grande île. A en croire la Cour des comptes, des semences contaminées ont été acheminées et distribuées avant la sortie des résultats des analyses demandées par la direction de la protection des végétaux au sein du ministère. Les semences qui avaient alors été distribuées avaient commencé à contaminer des variétés de riz local avant d’être stoppées, amenant la Cour des comptes à évoquer une “faute lourde”, mettant en péril la riziculture nationale”.
Le ministère rassure également sur le fait que la variété de riz qui sera expérimentée ne remplacera pas les variétés de riz déjà utilisées à Madagascar. Les variétés locales continueront à être utilisées, tandis que les résultats des expérimentations permettront de déterminer si les semences égyptiennes peuvent les compléter. Le directeur général du Fofifa, Jean Michel Leong Pock Tsy, estime également que les essais permettront de déterminer ce qui peut être adapté aux besoins des agriculteurs malgaches, sans remettre en cause les variétés déjà développées localement.















