Le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) annonce une campagne d’analyses pour déterminer la quantité d’uranium éventuellement présente dans certaines cargaisons de cobalt exportées du pays. Cette décision intervient après la publication fin juillet d’une enquête menée par plusieurs médias et chercheurs faisant état de la présence de quantités significatives d’uranium dans de l’hydroxyde de cobalt destiné à la Chine.
Dans un communiqué publié vendredi, les autorités congolaises indiquent qu’une “campagne de vérification analytique contradictoire” sera menée. Les analyses seront confiées à un laboratoire national ainsi qu’à un laboratoire international accrédité, précise Kinshasa, qui annonce également des consultations avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).
Le gouvernement congolais souligne que la présence naturelle d’uranium dans les gisements de cuivre et de cobalt du sud-est du pays est “un fait naturel” et documenté. Elle ne constitue, selon lui, “ni une anomalie”, ni une violation des engagements internationaux de la RDC.
Une enquête contestée
Cette réaction fait suite à une enquête publiée fin juillet dans la revue Nature Communications, en partenariat avec le Financial Times et Lighthouse Reports. Elle faisait état de concentrations importantes d’uranium dans des cargaisons d’hydroxyde de cobalt extrait en RDC et exporté vers la Chine par des entreprises chinoises. Les entreprises concernées ont contesté ces informations.
Kinshasa estime notamment que l’étude ne repose pas sur des mesures directement effectuées sur les cargaisons exportées. Les nouvelles analyses doivent ainsi permettre de vérifier la présence et la quantité d’uranium dans les produits concernés.
La RDC est le premier producteur mondial de cobalt et le premier producteur africain de cuivre. Le pays a produit 3,4 millions de tonnes de cuivre en 2025, selon les données citées dans la dépêche. Une grande partie de sa production de cobalt est destinée à la Chine.
Un enjeu stratégique
Les ressources minières congolaises, notamment le cobalt et le cuivre, sont devenues un enjeu majeur de la compétition économique entre la Chine et les États-Unis. Washington cherche notamment à diversifier ses approvisionnements en minerais critiques et à réduire la dépendance aux chaînes contrôlées par Pékin.
La question de l’uranium revêt également une dimension historique en RDC. Le minerai utilisé pour fabriquer la bombe atomique larguée sur Hiroshima en 1945 provenait notamment de la mine de Shinkolobwe, dans l’actuelle province du Haut-Katanga. Cette mine est fermée depuis les années 1960.
Avec AFP















